Sous l’impulsion de l’Union Européenne et sachant que la commande publique représente 10% du PIB, l’Etat français décide en 2005 de s’appuyer sur les achats publics pour développer sa stratégie de Développement Durable.
Pendant longtemps les achats responsables dans le domaine public n’étaient pas ou peu encadrés et les acheteurs étaient frileux devant le risque d’invalidation en commission.
Quel que soit le statut de l’acheteur (acheteur professionnel ou personnes exerçant d’autres fonctions), des formations sur les achats publics responsables se développent.
Si la règle d’or de l’achat public qui veut que la demande soit cohérente avec l’offre doit absolument être respectée pour la mise en concurrence, le code des marchés publics et autres lois facilitent maintenant la mise en œuvre des critères sociaux, sociétaux, environnementaux et éthiques.
Je dresse ici la liste de ces textes:
- Loi de lutte contre l’exclusion (1998) et loi de cohésion sociale (2005) ;
- Directive européenne sur les procédures de passation des marchés publics (2004) ;
- Code des marchés publics (2006) –
- Art.5 : obligation de s’interroger sur la définition des besoins en fonction des questions de Développement Durable ;
- Art.10 : le marché global est une exception, l’allotissement est privilégié notamment pour privilégier l’accès au marché par les PME (développement économique) ;
- Art.6 : possibilité de faire référence à des normes et performances incluant la question environnementale (notamment ecolabels et équivalents) ;
- Art.14 : conditions d’exécution des marchés respectueuses de l’environnement. Possibilité d’imposer la réalisation d’heures de travail d’insertion et d’exiger le respect des conventions fondamentales de l’OIT ;
- Art.15 : autorisation de réservation de lots aux EA (entreprises adaptées) et ESAT (établissements et services d’aide par le travail) ;
- Art 30: marchés passées « en procédure adaptée » avec pour objet l’insertion ;
- Art.45 : possibilité de demander des certificats EMAS ;
- Art.53 : critères d’attribution incluant la possibilité de pondérer la protection de l’environnement et le coût global d’utilisation (notamment fin de vie). Possibilité de critères sur la qualité de l’action d’insertion (en lien avec l’article 14).
Attention : le code des marchés interdit de placer la commande locale comme argument de sélection. Ceci même si celle-ci a des vertus en termes d'impact environnemental (émissions de gaz à effet de serre notamment) ou économique (développement territorial).
