vendredi 4 juin 2010

Un exemple de risque « image » : la conformité sociale chez les sous-traitants d’Apple


On peut être qualifié de « love brand », être la référence des produits Hi-Tech du 21ème siècle avec l’I-Pod, l’I-Phone et maintenant l’I-Pad, et risquer cette image du fait d’une maîtrise aléatoire de sa chaîne d’approvisionnement.
Voilà qu’Apple, déjà longtemps montré du doigt par Greenpeace sur les qualités environnementales de ces appareils (avec de nettes améliorations ces derniers mois cependant), se voit confronté à des scandales sociaux dans les usines chinoises de ses fournisseurs.

A l’heure des Achats Responsables, comment la marque à la pomme en est-elle arrivée là ?

En mars, Le Figaro et Le Monde titraient sur le travail des enfants et le droit « bafoué » dans les usines des principaux fabricants du nouvel I-Pad. Novethic reprend ce mois-ci la charge dans un article intitulé « Chine : la grogne monte dans l’usine du monde ».
Afin de rassurer les utilisateurs de produits Apple, je note que ces articles ne sont pas tirés d’enquêtes « secrètes » menées par des journalistes d’investigation mais bien d’un rapport interne d'Apple. En effet, après une affaire impliquant Foxconn et les conditions de production de l'iPod en 2006, Apple a édicté un code de conduite pour ses fournisseurs, et s'est engagé à publier un rapport annuel sur la question de leur responsabilité sociale.

Ainsi, alerté par divers scandales, l'entreprise américaine a d’abord constaté l’emploi de 11 enfants de 15 ans alors que l’âge légal chinois est de 16 ans (l’OIT le fixe de son côté à 15 ans mais la règle veut que l’on conserve la référence la plus avantageuse pour les salariés). Ces enfants étaient relativement proches de l’âge minimum lorsqu’ils ont été embauchés, une situation récurrente dans les usines chinoises.
Je signale toutefois que le travail des enfants reste une « non-conformité » sociale relativement rare. Aussi lorsqu'elle est détectée, on peut s’attendre à ce que bien d’autres droits de base des salariés ne soient pas respectés. Cela est manifestement le cas chez les fournisseurs d’Apple puisque les horaires de travail excessif (plus de la moitié des sous-traitants d'Apple ne respectent pas la limite de 60 heures de travail hebdomadaire) et les rémunérations en-dessous du salaire minimum semblent monnaie courante dans les 102 usines fournisseurs d’Apple. Plus grave, une vague de suicide fait rage chez Foxconn, principal sous-traitant. Sans compter d'autres scandales: un journaliste frappé par des gardes et plusieurs intoxications aux produits chimiques (dans 40 % des usines, les équipements de protection sont insuffisants, et que chez plus de 15 % des sous-traitants, les salariés peuvent être exposés à des produits chimiques dangereux)..

Au travers ce rapport, l'entreprise semble vouloir s’inscrire dans une démarche de progrès louable. Pourtant, ces progrès ne semblent pas aux rendez-vous et la marque continue à courir un risque de réputation majeur.
Difficile de me faire une opinion sur l’investissement d’Apple dans cette démarche d’audits. Il faudrait analyser en profondeur les moyens mis en œuvre et les processus d’améliorations définis. En effet, je rappelle que le contexte chinois est loin d’être propice aux améliorations des conditions de travail et, ce, malgré les campagnes d’audits et beaucoup de bonne volonté (les progrès sont souvent plus probants en Inde ou au Bangladesh).
Mais les progrès dépendent aussi de la construction des plans d’améliorations d’Apple et du suivi post-audit. Sans accuser Apple de quoi que se soit, je note seulement que beaucoup d’entreprises se reposent sur la réalisation d’audits, forme d’assurance « image ». Trop peu construisent un réel programme d’audit incluant une vision claire du suivi de plans de progrès, partagés avec les fournisseurs.

Autre paramètre important, la négociation des rythmes et délais de production.
Comment espérer que les conditions de travail puissent s’améliorer si le plan de charge n’est pas adapté ? C’est bien là qu’Apple semble pécher, emporté par les flux d’I-Phone et autres I-Pad vendus sur les marchés des pays développés. Faut-il continuer dans cette voie au risque de voir fleurir des titres tel que « mourir pour ce gadget ? » comme l’a récemment écrit un quotidien britannique ?

Fabriquer en Chine pour baisser les coûts, oui, mais en s’adaptant au contexte chinois et, sans fatalité, faire en sorte de travailler à une réelle amélioration des conditions de travail dans ce pays.

mardi 13 avril 2010

De la responsabilité sur les délais de paiement


Deux études ont récemment retenu mon attention au sujet des délais de paiement entre les grands donneurs d’ordre et leurs fournisseurs. Si la loi LME a encadré et redéfinie ces aspects, force est de constater  que sur le terrain de nombreux efforts restent à faire.

Ainsi, une étude Altares a démontré que les retards de paiement du premier trimestre, en France, s’élevaient à 11, 8 jours. Si ce chiffre est au-dessus de la moyenne européenne (14,4  jours) et bien meilleur que ceux de nos amis espagnols et portugais (22,5 et 25,6), il reste moins bon qu’aux Pays-Bas et en Allemagne. En ce qui concerne l’Espagne, il ne fait pas bon y être fournisseur puisque au-delà des retards de paiement, s’ajoutent des délais contractuels franchement élevés de 90 à 120 jours, soit potentiellement un paiement à  5 mois !!! Bon courage aux start-up et autres PME innovantes pour gérer leur trésorerie, sans parler des entreprises en difficulté !

En parallèle, une étude d’Ernst and Young montre que 80% des donneurs d’ordre en retard ne s’acquittent pas de pénalités et que seuls 1% en payent spontanément. Pourtant ces pénalités sont bien évoquées dans la loi LME ! Chose plus inquiétante, seuls un tiers des fournisseurs réclament ces pénalités, les autres ayant peur de perdre leurs clients, ce, malgré la loi. La confiance acheteur-fournisseur n'est pas encore de mise...

Autant dire que les volets « éthique métier » et « responsabilité économique » (en terme de développement /sauvegarde économique des PME innovantes ou en difficultés) prennent encore tout leur sens ici. Les Achats Responsables ne peuvent  se contenter d’une approche externe, basée sur la seule évaluation des fournisseurs sur des critères RSE.
Le chantier des délais de paiement est un chantier important. Si d’autres parties prenantes en interne (comptabilité, finance) ont de fortes responsabilités en la matière, l’acheteur reste responsable de la relation avec le fournisseur. Un suivi plus strict et une revue des procédures de paiement devraient s’imposer dans bien des cas.
                     

samedi 20 février 2010

Une charte pour les relations clients-fournisseurs


Décisions Achats (www.decision-achats.fr) signale la signature d’une charte encadrant les relations entre grands donneurs d’ordre et PME.

Cette charte, signée sous le parrainage de Christine Lagarde,  a été baptisée « 10 engagements pour des achats responsables ». 18 grandes entreprises l’ont signée, représentant près de 100 milliards d’euros d’achats (ADP, Biomérieux, Bouygues, Danone, EADS, EDF, Eiffage, Legrand, L'Oréal, RATP, Rhodia, Safran, Sanofi, Aventis, SNCF, Sodexo, Sperian, Thales et Veolia ). D’autres devraient suivre.

Parmi les engagements : respect des délais de paiement, gestion prévisionnelle des commandes, raisonnement en coût complet, maîtrise des risques de dépendance, etc. Un mix entre rappels réglementaires et dispositions plus novatrices comme la nomination d’un « correspondant PME » chez chacun des grands comptes.

La Cdaf est à l’origine de cette charte, créée en coopération avec la Médiation du Crédit. Comme le souligne Pierre Pelouzet, directeur Achats de la SNCF et président de la Cdaf, cette charte est l’occasion de changer l’image parfois négative des acheteurs. Louis Gallois, pdg d’EADS a rappelé à cette occasion la dépendance des grands comptes à leurs fournisseurs et les besoins de confiance et de dialogue dans la relation client-fournisseur. Certes cette charte ne résoudra pas tous les problèmes mais c'est un pas en avant.

L’occasion pour moi de souligner une nouvelle fois l’importance du volet « éthique de la relation commerciale » dans les démarches Achats Responsables. 
Il s'agit d'un volet essentiel au développement de partenariat et aux innovations partagées entre clients et fournisseurs.
Les Achats ne doivent pas se contenter de sollicitations unilatérales (évaluer et contrôler) pour améliorer l’impact des produits achetés ou gérer leurs risques "image" mais doivent initier une relation équilibrée et mutuellement bénéfique. Cette charte est une bonne illustration des initiatives à mener en ce sens.


Voici le lien vers la charte pour celles et ceux qui voudraient approfondir le sujet.  
                                                                                                                                                                                      

mardi 2 février 2010

Ricoh et la chaîne documentaire vertueuse


Ricoh, fournisseur de solutions d’impression (et non plus simple fabricant de copieur, économie de fonctionnalité oblige !), repense l’impression documentaire. Voici un résumé d’un article paru sur www.cleantechrepublic.com, le 28 Janvier.


Le groupe veut mettre en avant ses initiatives environnementales. Corinne Grapton, Directrice des Relations Stratégiques de Ricoh France (>2500 personnes et 715 millions de CA), témoigne. 
Le groupe n’est plus un simple vendeur de matériel d’impression mais se revendique comme un « spécialiste de la gestion du document ». Une démarche autant lié aux questions de Développement Durable qu’à des aspects stratégiques.

Ricoh met donc en avant un nouveau programme, le « Pay Per Page Green ». Il s’agit d’analyser les besoins de chaque client. En fonction du type de document, l’entreprise propose d’organiser le flux documentaire (exemple : impression ou archivage).
Ceci répond notamment à la problématique des 15% de pages jetées suite à des erreurs d’impression.

Autre initiative, la maîtrise des consommations au travers de badge « utilisateurs ». Certes, cela peut paraître un peu comme du « flicage » mais les résultats sont là (jusqu’à 2x moins d’impressions en 1 an !!).
De même, Ricoh aide au suivi des consommations électriques.

La société a reçu l’appui de Verteego (ils sont très sympas et proposent des solutions bien pratiques – à voir sur www.verteego.com).

Enfin, en interne, Ricoh travaille aussi à l’écoconception des emballages et à une logistique plus « propre » (ferroutage notamment et je leur souhaite bon courage sur ce point car en France de nombreux investissements restent à réaliser ….).

mercredi 27 janvier 2010

Achats publics responsables : code des marchés publics


Sous l’impulsion de l’Union Européenne et sachant que la commande publique représente 10% du PIB, l’Etat français décide en 2005 de s’appuyer sur les achats publics pour développer sa stratégie de Développement Durable.

Pendant longtemps les achats responsables dans le domaine public n’étaient pas ou peu encadrés et les acheteurs étaient frileux devant le risque d’invalidation en commission.
Quel que soit le statut de l’acheteur (acheteur professionnel ou personnes exerçant d’autres fonctions), des formations sur les achats publics responsables se développent.

Si la règle d’or de l’achat public qui veut que la demande soit cohérente avec l’offre doit absolument être respectée pour la mise en concurrence, le code des marchés publics et autres lois facilitent maintenant la mise en œuvre des critères sociaux, sociétaux, environnementaux et éthiques.

Je dresse ici la liste de ces textes:

  -  Article 6 de la charte de l’environnement présente dans la constitution depuis 2005: « Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. À cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social » ;


- Loi de lutte contre l’exclusion (1998) et loi de cohésion sociale (2005) ;


- Directive européenne sur les procédures de passation des marchés publics (2004) ;


- Code des marchés publics (2006) –
  • Art.5 : obligation de s’interroger sur la définition des besoins en fonction des questions de Développement Durable ;
  • Art.10 : le marché global est une exception, l’allotissement est privilégié notamment pour privilégier l’accès au marché par les PME (développement économique) ;
  • Art.6 : possibilité de faire référence à des normes et performances incluant la question environnementale (notamment ecolabels et équivalents) ;
  • Art.14 : conditions d’exécution des marchés respectueuses de l’environnement. Possibilité d’imposer la réalisation d’heures de travail d’insertion et d’exiger le respect des conventions fondamentales de l’OIT ;
  • Art.15 : autorisation de réservation de lots aux EA (entreprises adaptées) et ESAT (établissements et services d’aide par le travail) ;
  • Art 30: marchés passées « en procédure adaptée » avec pour objet l’insertion ;
  • Art.45 : possibilité de demander des certificats EMAS ;
  • Art.53 : critères d’attribution incluant la possibilité de pondérer la protection de l’environnement et le coût global d’utilisation (notamment fin de vie). Possibilité de critères sur la qualité de l’action d’insertion (en lien avec l’article 14).

Attention : le code des marchés interdit de placer la commande locale comme argument de sélection. Ceci même si celle-ci a des vertus en termes d'impact environnemental (émissions de gaz à effet de serre notamment) ou économique (développement territorial).

Autres éléments ayant trait à la dimension éthique : les obligations de transparence de la publicité et le respect des délais de paiement.

vendredi 22 janvier 2010

Trop peu de produits équitables dans les entreprises // Un guide pour la restauration collective


Je reprends deux articles parus sur le site de Décisions Achats les 15 et 18 Janvier 2010 (www.decision-achats.fr) .

Dans le premier, le constat est simple : les produits du Commerce Equitable semblent bénéficier très largement à l’image qu’à l’entreprise auprès de ses salariés. 89% la trouvent plus ouverte sur la Société, 84% plus responsable.
Par ailleurs 86% des salariés sont satisfaits de l’offre de restauration collective dans les entreprises proposant des produits du Commerce Equitable ; à comparer à la moyenne qui n’est que de 69%.
Mais voilà, le prix et le fait que le Commerce Equitable ne soit pas une priorité sont les deux principaux freins à l’intégration de ces produits dans l’offre de services aux salariés. Moins de 16% des entreprises disent utiliser ces produits.
Pourtant,  si on considère leur popularité et le fait que 71% des salariés pensent que la hausse de prix induite est justifiée, l’investissement n’en vaut-il pas la chandelle ? Quitte à partager le surcoût entre entreprise et salariés.
En termes de RSE, nous soulignons souvent l’importance du capital immatériel de l’entreprise et en particulier celle de son image en externe mais aussi en interne. Ajoutons que les salariés, leur motivation et le sens qu’il trouve à travailler pour leur employeur sont des éléments essentiels à ce capital immatériel.

Dans le second article, Décisions Achats signale l’édition d’un guide de la restauration collective responsable par la fondation Nicolas Hulot et la FNCIVAM (Fédération nationale des centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural – ouf, ils auraient pu trouver plus court !).
Ce guide propose quelques méthodo de mise en place de filières responsables autour de 12 fiches thématiques.
Dans le même esprit que pour le Commerce Equitable, la Bio est souvent plébiscitée par les salariés mais moins de 0,45% des repas en restauration collective intègrent ces produits, d’après Agence Bio. Autant dire que la marge de progression est énorme….

jeudi 14 janvier 2010

L’accompagnement des démarches Achats Responsables


Etant donné que mon site Internet est en construction (mise en route pour février si tout va bien – www.conseil-achats-responsables.fr), je profite de ce blog pour rédiger quelques articles en lien avec mon offre de conseil.

Je vous présente ici une vision générale des accompagnements que je réalise. Je compléterai cette présentation par des articles plus détaillés présentant les prestations et les outils.


 

Mes accompagnements permettent de travailler à la fois sur le court/moyen terme (l’approche « projets ») et sur le long terme (l’approche processus).

L’approche « processus » regroupe l’ensemble des outils permettant aux acheteurs de traiter les critères sociaux et environnementaux au quotidien (clauses d’appel d’offre, évaluation des offres et des fournisseur, etc.) et de gérer la démarche à long terme (indicateurs, plans de progrès avec les fournisseurs, etc.)

L’approche « projets » peut être déployée indépendamment (besoin précis à court terme) ou en complément de l’approche « processus » (afin de mettre « le pied à l’étrier »).

Au préalable, en début de démarche, il est intéressant de réaliser un état des lieux des enjeux et des priorités. Cette cartographie contribue au plan de formation et à la réflexion stratégique.

Avant même d’attaquer les approches « projets » et « processus », j’accompagne la réflexion de la direction Achats, je challenge les idées, j’aide à prioriser et à formuler les plans d’action.

Enfin, tout au long de ces accompagnements, je veille à l’appropriation du sujet par les équipes ce qui comprend des formations aux Achats Responsables au sens large ainsi que des formations ciblées sur les problématiques spécifiques de l’entreprise (la cartographie permet de définir les champs de formation utiles). Cette appropriation comprend aussi tout le travail de fond (conduite du changement) effectué en fil rouge des autres accompagnements sur les processus et les projets.

N’hésitez pas à me contacter pour en savoir plus….

lundi 11 janvier 2010

Pourquoi les entreprises et les acheteurs auraient-ils besoin de faire appel à un conseil externe sur les Achats Responsables ?


Etant donné que mon site Internet est en construction (mise en route pour février si tout va bien – www.conseil-achats-responsables.fr), je profite de ce blog pour rédiger quelques articles en lien avec mon offre de conseil.

Un peu de promotion au travers cet article.

La réponse à la question-titre peut tenir en quelques mots, des mots que l’on pourrait reprendre pour toute prestation de conseil, bien au-delà du sujet des Achats Responsables.

En effet, il s’agit ici d’accélérer l’appropriation et le déploiement d’une démarche de management. Le consultant permet d’économiser du temps et des « hommes ». Il est aussi un maillon essentiel dans l’appropriation de la problématique et dans la conduite du changement. Sa position externe, son regard neuf, permettent de lever les résistances et de prendre un certain recul par rapport à l’activité de l’entreprise et du service Achats.

Une fois ces généralités formulées, que peut-on attendre d’un consultant spécialisé dans les Achats Responsables ?
Pour répondre, il faut se demander ce qu’il manque aux directions Achats et aux acheteurs pour déployer seuls une telle démarche.

Le consultant apporte en premier lieu sa maîtrise des problématiques liées au Développement Durable. Il se doit d’avoir une culture générale étendue des grands enjeux environnementaux et sociaux (ce que l’on retrouve chez l’ensemble des consultants en Développement Durable au-delà même des Achats). Ceci va lui permettre d’identifier les enjeux auxquels est confronté l’entreprise. Dans un contexte mouvant tant du point de vu législatif que du point de vu des initiatives volontaires (labels, benchmarking, démarches mutualisées, etc.), le consultant transfère vers l’entreprise sa veille et l’oriente vers les sujets où, suivant son activité, elle doit être vigilante. Il la guide aussi vers les « bons » interlocuteurs ou les « bons » outils.
Il simplifie le travail des acheteurs car ceux-ci ne sont pas des analystes RSE et ne sont pas voués à le devenir.

Le consultant en Achats Responsables doit aussi transmettre un mode de pensée et de fonctionnement : la systémique (ce qui est certainement le plus délicat). L’appropriation du Développement Durable tient beaucoup à l’analyse des liens entre l’achat que je réalise et ses effets connexes sur les enjeux de Développement Durable ainsi que leurs conséquences sur l’activité de l’entreprise à court et long terme.

Enfin, le consultant doit évidemment connaître le métier Achats et ses problématiques, tant externes (influence sur les marchés, exigences qualitatives, etc.) qu’internes (poids dans les décisions stratégiques, image auprès des prescripteurs et de la DG, etc.).

Autant de raisons qui m’amènent à vous proposer un accompagnement de vos démarches Achats Responsables.


dimanche 10 janvier 2010

Pourquoi les services Achats devraient-ils s’intéresser à la Responsabilité Sociétale et au Développement Durable ?


Etant donné que mon site Internet est en construction (mise en route pour février si tout va bien - www.conseil-achats-responsables.fr), je profite de ce blog pour rédiger quelques articles en lien avec mon offre de conseil.

Pour répondre à la question posée en titre de cet article, je vous propose une petite synthèse des raisons (et bénéfices) qui poussent les Achats à s’intéresser aux Achats Responsables.

Deux visions coexistent : l’approche par les risques et l’approche par les opportunités.

L’approche de gestion des risques n’est pas nouvelle pour les Achats (exemple : risque de faillite d’un fournisseur). Hormis les risques économiques, certains risques sont inhérents à la RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) comme le risque de réputation (exemple de Nike et du travail des enfants il y a quelques années). Certains sont liés aux évolutions législatives (exemple : Grenelle de l’Environnement, REACH, etc.). D’autres encore ont trait à l’évolution des marchés (exemple de la raréfaction de certaines ressources naturelles).
Autant de raisons pour les Achats de mettre en œuvre des systèmes et outils pour améliorer leur connaissance des pratiques RSE de leurs fournisseurs mais aussi travailler à l’évolution de leurs filières d’approvisionnement (traçabilité, nouveaux matériaux et matières, etc.).

S’il ne faut pas négliger cette idée de risk management, celle-ci à un défaut principal : elle fonctionne comme un système d’assurance. Elle demande donc un investissement de départ qui permettra d’éviter un coût futur. Il n’y a pas, en soit, de retour sur investissement. C’est pour cela qu’elle n’est pas toujours suffisante pour convaincre tous les services Achats de se lancer dans la démarche.

Je travaille donc beaucoup sur une vision plus « positive » des Achats Responsables. Selon moi, c’est en approchant le sujet par les opportunités de gains qu’il est plus facile de convaincre les acheteurs et leur direction.
Parmi les bénéfices attendus, citons la contribution des Achats au CA au travers l’image et  l’innovation produit (exemple : approvisionnement sur des labels particuliers, maîtrise de filières sur lesquelles l’entreprise peut axer sa communication et son marketing, etc.). Les bénéfices économiques de l’analyse en coût global ou la modification des modes d’Achats par le biais de l’économie de fonctionnalité sont aussi facteurs de gains économiques. En dernier lieu, n’oublions pas que l’entreprise doit aussi savoir être attractive pour des fournisseurs innovants dans le domaine du Développement Durable et ainsi bénéficier avant la concurrence de leurs travaux.

Enfin, il ne faut pas négliger les facteurs internes incitant une direction Achats à mettre en place cette démarche.
Il y a tout d’abord l’apport managérial au niveau même du service Achats. Nombreux sont les acheteurs qui apprécient la démarche pour le sens qu’elle apporte à leur métier. Elle joue donc un rôle fédérateur.
Ensuite, ce type de projet améliore nettement l’image des acheteurs auprès de leurs prescripteurs. En effet, les services Achats doivent souvent batailler pour se faire entendre en interne et leur réputation de « cost-killer » (loin d’être toujours fondée mais pas toujours infondée…..) n’arrange pas leurs affaires. Or, si un acheteur vient proposer des solutions portant des valeurs « positives » comme celles liées aux questions sociales ou environnementales, gageons que son image en bénéficiera.
Dernier élément : les Achats Responsables permettent de faire remonter le service en amont du processus décisionnel ce qui rejaillit sur sa performance.

mardi 5 janvier 2010

Petite introduction à ce blog et aux Achats Responsables


Pourquoi aborder le thème des Achats Responsables dans les organisations ? De quelles organisations allons-nous parler sur ce blog ? A qui est-il destiné ? D’où viennent ces initiatives ? A quelle niveau de maturité en sommes-nous ?
Voilà quelques questions que je souhaite aborder sur ce blog. Alors, bien sûr, je ne vais faire qu’effleurer le sujet dans cette intro. Mais je compte sur de futurs articles pour approfondir (et débattre d’) un ensemble de questions liées aux Achats Responsables.

Tout d’abord, ce blog n’abordera pas, ou du moins très peu, l’angle de l’achat responsable « de bout de chaîne », celui réalisé par le  « consom’acteur » ou le « créatif culturel », comme les spécialistes du marketing les nomment. Ces consommateurs qui ont choisis de s’orienter vers les produits bio ou équitable que leur propose leur supermarché.

Non, ce blog se veut tourné vers les entreprises; les administrations et collectivités publiques ; ou, pourquoi pas, les associations (qu’elles traitent ou non des problématiques de Développement Durable).
Ce blog se veut tourné vers les personnes qui prennent les décisions d’achat dans un contexte professionnel. Par là, j’entends les acheteurs dont c’est le métier mais aussi les collaborateurs achetant directement ou déléguant les achats liés à leur activité. Je reviendrai sur cette distinction et sur le rôle de chaque acteur de l’Acte d’Achat.

Le mouvement vers la prise en compte des critères sociaux, environnementaux et sociétaux (en plus des traditionnels critères économiques) dans la sélection des produits et fournisseurs, découle de l’émergence dans les années 90 du concept de Responsabilité Sociétale (terme que l’on retrouve dans la future ISO 26000, là aussi j’y reviendrai). Cette RS (E pour les entreprises) découle elle-même du concept de Développement Durable qui prend sa source dans les travaux effectués dans les années 70 par des organisations comme le Club de Rome.
Des régulations (volontaires ou réglementaires) se sont alors mises en places et les organisations, en particulier les grandes entreprises, ont commencé à communiquer sur leur stratégie RS ou dite de Développement Durable. Au début, il s’agissait, justement, beaucoup (trop) de « communication ». Or, en s’exposant ainsi, elles ont suscité de nombreuses attentes de la part de la société civile. Pour ne pas être pris à défaut il leur a fallu progressivement rendre opérationnel ce concept de Responsabilité Sociétale.

Elles travaillent donc aujourd’hui à décliner ces démarches dans leurs produits/services, sur leur outil de production, dans leur fonctionnement quotidien, auprès des collaborateurs et bien sûr dans leurs Achats, support aux autres fonctions de l’organisation. En mettant à part les Nature et Découverte, Body Shop et autres Switcher dont les gènes sont marqués par le Développement Durable, c’est au début des années 2000 que les grandes entreprises, mais aussi le secteur public, ont commencé à mettre en place et à formaliser les démarches Achats Responsables (certains disent Achats Durables, terme que je n’aime pas beaucoup…). Les initiatives se multiplient et prennent peu à peu forme.

La suite dans les prochains articles de fond….

Vous trouverez dans les articles du blog : des articles de fond, des solutions de management pour ce type de démarche mais aussi des solutions pratiques (un peu de sourcing sans faire trop de pub), des infos sur des évènements liés aux Achats Responsables, etc. Bref, de quoi (je l’espère) satisfaire tous les goûts…..
Bonne lecture.